Technologie4 août 2026Lecture : 17 min

Nouveau Rubrik Agent Identity : l’identité au cœur du contrôle des agents

 

Un nouveau type d’acteur opère désormais au sein de l’entreprise. Il consulte les données de vos pipelines, ouvre des pull requests, crée des tickets, interroge les données clients et envoie des e-mails. Il opère à vitesse machine, H24, sans qu’aucun humain ne valide la moindre de ses actions.

Dans la plupart des organisations, personne n’est aujourd’hui en mesure de dire avec précision combien de ces acteurs sont en activité, à quelles ressources ils ont accès ou lequel a réalisé telle ou telle action.

Les agents IA ne se contentent plus d’apporter des réponses : ils passent à l’action. Cette évolution constitue la transformation la plus importante du modèle de gestion des accès depuis l’avènement du cloud.

Or, les modèles d’accès sous-jacents n’ont pas suivi le rythme. 

Aujourd’hui, les agents héritent des autorisations accordées aux utilisateurs humains. Ils s’authentifient à l’aide de clés API statiques, de jetons d’accès personnels et de comptes de service partagés. Ils disposent de privilèges permanents, qui persistent même en cas d’inactivité prolongée. Bref, aucun de ces mécanismes n’a été conçu pour des agents virtuels autonomes. Une récente étude de Rubrik Zero Labs révèle ainsi une réalité pour le moins préoccupante : 86 % des responsables IT et sécurité estiment que les agents IA dépasseront les mesures d’encadrement de leur organisation au cours des douze prochains mois. Plus inquiétant encore, seuls 23 % des répondants déclarent disposer d’une visibilité complète sur les agents opérant dans leurs environnements.

À l’occasion du récent Black Hat USA, Rubrik a annoncé la sortie de Rubrik Agent Identity, le nouveau plan de contrôle des accès de Rubrik Agent Cloud. Cette solution définit précisément qui peut faire quoi avec les agents : quels utilisateurs et groupes peuvent utiliser quels agents, à quels serveurs MCP et outils ces agents ont l’autorisation d’accéder, et quels droits d’accès limités sont accordés à chaque appel d’outil au moment de l’action.

 


L’essor de l’IA autonome ouvre un nouveau chapitre pour l’entreprise. Pour en libérer tout le potentiel, un nouveau cadre de sécurité s’impose. Téléchargez le guide Blueprint for AI Governance et découvrez comment adapter votre stratégie de sécurité à l’ère de l’IA.


Le risque ne vient pas d’une autorisation isolée, mais de leurs effets cumulés

Voici le scénario qui préoccupe le plus les responsables sécurité (et non, il ne s’agit pas d’identifiants compromis !).

Un collaborateur demande à un agent de synthétiser les opportunités commerciales en cours et d’envoyer des e-mails de suivi aux décideurs chez ses clients. Cet utilisateur dispose d’un accès à Salesforce. Et il a évidemment un compte e-mail. Pris individuellement, ces droits sont parfaitement valides. Mais l’agent, lui, combine ces autorisations et les cumule : il consulte les données du pipeline de vente, les analyse dans leur contexte business, puis les transmet à l’extérieur de l’entreprise. Une action que personne n’avait vu venir et qu’aucune politique de sécurité n’avait anticipée.

La raison en est simple : les systèmes de gestion des identités et des accès (IAM) ont été pensés pour des humains. Ils ne sont pas en mesure de détecter ce type de risques, et encore moins de les écarter. Les solutions IAM traditionnelles répondent à une question simple : tel utilisateur est-il autorisé à accéder à telle application ? L’IA agentique doit soulever une question différente : cet utilisateur peut-il, via cet agent, obtenir un accès limité pour cet appel d’outil précis ?

Cette chaîne de délégation, de l’utilisateur à l’agent, de l’agent à l’outil, puis de l’outil à l’action, constitue désormais le nouveau point de contrôle. Or, les modèles IAM actuels n’ont jamais été conçus pour répondre à cet enjeu. La plupart des organisations se replient donc par défaut sur une posture immobiliste : on ne touche à rien. Elles se retrouvent ainsi avec des agents qui s’exécutent à partir de comptes de service partagés et de clés API intégrées, avec des droits étendus, permanents et sans véritable traçabilité. 

Le phénomène du Shadow AI aggrave encore la situation : développeurs et métiers déploient agents, serveurs MCP, plug-ins et compétences (skills) plus rapidement que les équipes de sécurité ne peuvent les recenser et les encadrer.

 

 

La mission d’Agent Identity

Agent Identity réinvente la gestion des accès des agents en remplaçant les autorisations permanentes et étendues par des droits d’accès limités, temporaires et associés à un utilisateur, un agent et une action spécifiques. Cette nouvelle approche de l’identité impose également une nouvelle approche des politiques de sécurité.

Superviser chaque agent et chaque serveur MCP : impossible de gouverner ce que l’on ne voit pas. C’est pourquoi Agent Identity découvre et répertorie l’ensemble des agents, serveurs MCP, compétences et plug-ins actifs dans votre environnement. Cette visibilité permet d’éliminer le Shadow AI non supervisé et offre aux équipes de sécurité un inventaire fiable et complet des identités d’agents.

Contrôler les accès à chaque appel d’outil : les autorisations sont accordées au moment de l’action, et non à l’avance. Grâce à l’intégration d’Agent Identity aux fournisseurs d’identité (IdP) existants (Okta et Microsoft Entra ID), les agents agissent au nom d’un utilisateur identifié, avec des droits délégués et à portée limitée, sans recourir à des comptes de service partagés ni à des clés intégrées. Chaque appel à un outil MCP reçoit un jeton éphémère dédié et à portée limitée, généré spécifiquement pour l’opération en question. Les privilèges permanents disparaissent et le principe du moindre privilège est appliqué à l’exécution (runtime).

Corriger les actions à risque grâce à l’identité, à l’audit et à Agent Rewind : chaque appel d’outil est associé à une identité précise et consigné dans une piste d’audit complète, avec intégration aux plateformes SIEM. Lorsqu’une action doit être annulée, la fonctionnalité Agent Rewind permet de la révoquer avec une précision millimétrée. Cette capacité de résilience est essentielle : 88 % des responsables IT et sécurité s’inquiètent en effet de leur capacité à respecter leurs objectifs de temps de reprise face à la montée en puissance des menaces agentiques.

 

 

Trois points de contrôle essentiels avant toute exécution

En coulisses, chaque appel à un outil MCP doit franchir trois points de contrôle avant d’être exécuté :

1. Comportement : le Semantic AI Governance Engine (SAGE) de Rubrik Agent Cloud analyse l’intention, les paramètres et les données associées à l’appel afin de déterminer si l’action envisagée contrevient aux politiques de sécurité en vigueur.

2. Accès : la passerelle MCP applique les politiques de contrôle d’accès au niveau de l’infrastructure. Grâce au contexte fourni par SAGE (intention, niveau de risque, etc.), elle décide si la requête doit être autorisée ou bloquée.

3. Identité : la session de l’agent est authentifiée. Ensuite, un jeton éphémère à portée limitée est généré pour cet appel d’outil spécifique, n’accordant ainsi que les droits strictement nécessaires à l’exécution de cette action.


 

Points de contrôle Agent Identity


Voici ce que cela donne en pratique. Une entreprise connecte un client IA à un serveur MCP interne. Sans Agent Identity, l’agent voit l’ensemble des outils exposés par le serveur et peut les appeler librement. Avec Agent Identity, les politiques d’accès déterminent précisément quels outils un utilisateur ou un groupe peut utiliser via cet agent. 
 

L’agent sollicite l’outil listAccounts, une opération autorisée au moyen d’un jeton à portée limitée généré spécifiquement pour cet appel. Il appelle ensuite getTransactions, également autorisé grâce à un nouveau jeton limité à cette seule opération. L’agent tente ensuite d’exécuter updateAccount, une opération d’écriture interdite par la politique de sécurité. Cette action est alors bloquée. Le refus est consigné dans les journaux et attribué précisément à l’utilisateur et à l’agent à l’origine de la requête.

Les opérations de consultation s’exécutent selon le principe du moindre privilège. Les opérations d’écriture et de modification nécessitent des autorisations explicitement définies dans les politiques de sécurité. À défaut, elles sont bloquées avant exécution, et non signalées une fois le fait accompli.


 

Conçu pour compléter votre infrastructure d’identité, pas pour la remplacer

Agent Identity agit en renfort de l’infrastructure d’identité déjà en place dans votre organisation. La solution s’intègre à Okta et Microsoft Entra ID, injecte le contexte utilisateur et groupe dans chaque décision d’accès, et s’appuie sur le plan de données de Rubrik Agent Cloud pour offrir un point de contrôle unifié couvrant les ressources MCP et API.

La plupart des systèmes de gestion des identités ont été conçus pour les utilisateurs humains. La plupart des passerelles se limitent au routage du trafic. Et la plupart des outils de gouvernance de l’IA n’analysent que les prompts ou les journaux d’activité. Agent Identity, lui, se concentre sur le moment le plus critique : lorsqu’un agent tente d’accéder à un outil et de réaliser une action. C’est à cet instant précis que doivent converger identité, politique de sécurité, contexte d’exécution, autorisation limitée et traçabilité.

Rubrik Agent Identity complète également le modèle de gouvernance de Rubrik Agent Cloud, une approche unifiée autour des trois piliers que sont la gouvernance, le contrôle et la preuve, et ce tout au long du cycle de vie des agents.

  • SAGE gouverne les actions des agents

  • Agent Identity contrôle qui peut faire quoi avec les agents. 

  • Les fonctions d’observabilité, d’audit et Agent Rewind permettent de prouver ce qui s’est produit et d’annuler des actions lorsque cela est nécessaire.

     

Cette approche s’inscrit pleinement dans la promesse historique de Rubrik : la cyber-résilience. Aujourd’hui, cette promesse s’étend à l’IA agentique.  

La cyber-résilience de l’IA agentique, c’est une résilience démontrable pour des collaborateurs virtuels pas toujours visibles.

 

 

Partez sur de bonnes bases : trois étapes pour renforcer la sécurité des identités

Il n’est pas impératif de résoudre en une seule fois l’ensemble des enjeux liés à l’identité des agents. En revanche, il est essentiel de combler rapidement les failles les plus critiques. Pour cela, appuyez-vous sur une démarche en trois temps qui se renforce au fil du temps.

1. Établir un inventaire des identités d’agents : recensez l’ensemble des agents, serveurs MCP, compétences et plug-ins présents dans votre environnement afin d’identifier et d’éliminer les usages relevant du Shadow AI.

2. Déléguer les accès au nom d’un utilisateur identifié : les agents doivent toujours agir pour le compte d’une personne clairement identifiée, avec des droits délégués et limités à leur seul périmètre d’action. Les comptes partagés et les clés intégrées sont à bannir.

3. Appliquer des autorisations juste à temps : à chaque appel d’outil, attribuez des jetons éphémères à portée limitée. Cette approche permet de mettre en œuvre le principe du moindre privilège au moment de l’exécution, sans recourir à des autorisations permanentes.

 

Rubrik Agent Identity est disponible au sein de Rubrik Agent Cloud. Demandez une démo pour découvrir comment Agent Identity sécurise chaque action réalisée par vos agents IA.

 

 

Sur le même thème

Autres articles de cet auteur