Prévention des pertes de données de santé

La prévention des pertes de données (DLP) est essentielle à la protection des informations médicales. Dans un secteur où chaque perte de données peut avoir de très graves conséquences, il est important de bien comprendre les scénarios DLP courants, les stratégies de mise en conformité DLP et les bonnes pratiques de sécurisation des données de vos patients.

Dans le secteur de la santé, il est essentiel de protéger les données sensibles des patients face à des compromissions susceptibles de porter atteinte à la confidentialité des dossiers, à la confiance des patients et au respect du RGPD et de la loi HIPAA (Health Insurance Portability and Accountability Act). La technologie DLP peut protéger ces informations, garantissant ainsi la confiance et la conformité. 

Les conséquences d’une perte de données sont graves : amendes importantes, atteinte à la réputation et répercussions juridiques. Ce guide explore les scénarios DLP courants dans les organismes de santé, les stratégies de prévention des pertes de données conformes au RGPD et à la loi HIPAA, et les bonnes pratiques pour sécuriser efficacement les données des patients.

Comprendre ce qu’est la prévention des pertes de données de santé

La prévention des pertes de données (DLP) de santé fait référence aux outils et stratégies de sécurité qui identifient et empêchent l’exposition intentionnelle ou accidentelle des données des patients. Il s’agit notamment de l’accès non autorisé, du partage ou de la fuite d’informations personnelles sensibles, telles que les dossiers médicaux, les données d’assurance ou les informations de paiement. Les stratégies DLP se concentrent sur l’identification, le contrôle et la sécurisation des données sur les plateformes numériques afin d’empêcher tout accès non autorisé, tout partage ou toute fuite, garantissant ainsi la protection de la vie privée des patients et la conformité aux réglementations.

Le rôle de l’HIPAA dans la protection des données
L’HIPAA joue un rôle réglementaire essentiel dans la protection des données de santé. Elle impose des mesures de sécurité rigoureuses (chiffrement, contrôles d’accès, pistes d’audit, etc.) visant à protéger les données personnelles de santé et d’en garantir la confidentialité. Les stratégies HIPAA de prévention des pertes de données s’alignent sur ces exigences pour aider les prestataires de soins, les assureurs et autres partenaires à éviter les amendes et autres actions en justice associées à la non-conformité.

Les conséquences juridiques et financières sont en effet considérables pour les prestataires de santé. En 2024, aux États-Unis, le HHS OCR (Bureau des droits civils du département de la Santé et des Services sociaux) a infligé aux acteurs de la santé un total de 12,84 millions $ d’amendes pour infraction à l’HIPAA résultant d’une compromission de données. Les sanctions s’appliquent aussi bien sur le plan civil que pénal.

  • Infractions pénales : 50 000 à 250 000 $ pour les infractions commises par des individus. Les parties coupables peuvent être contraintes de verser des dommages et intérêts et encourent même des peines de prison.

  • Infractions civiles : 141 $ à 2 134 831 $ par infraction, selon la gravité des faits.

Compromission de données de santé
Les structures de santé sont particulièrement vulnérables aux pertes de données en raison du volume important d’informations sensibles qu’elles traitent (numéros de sécurité sociale, antécédents médicaux, etc.) ainsi que de leur forte dépendance aux dossiers patients informatisés (DPI), les plateformes cloud et autres systèmes numériques. Ces systèmes sont en effet exposés aux cyberattaques, aux erreurs humaines et aux menaces internes. 

Un exemple concret : le HHS OCR a montré que les compromissions des données de santé ont atteint un niveau record en 2024 : 14 compromissions de données concernant plus de 1 million de dossiers médicaux aux États-Unis, ce qui touche 237 986 282 personnes, soit 69,97 % de la population nationale. Le rapport 2024 Cost of a Data d’IBM révèle que la santé est le secteur qui a payé le plus lourd tribu aux compromissions de données, avec un montant de 9,77 millions de dollars. 

Des mesures DLP complètes permettent d’atténuer ces risques, de protéger la confiance de vos patients et de prévenir les graves préjudices financiers et réputationnels qu’engendrent les compromissions de données.

Principaux scénarios de perte de données

Observez les comportements de vos collaborateurs
Les erreurs commises par les employés sont l’une des principales causes de perte de données dans le secteur de la santé. Du partage de documents confidentiels sur un compte e-mail non sécurisé à la mauvaise configuration des paramètres système, en passant par l’ingénierie sociale comme le phishing, tous ces actes involontaires peuvent exposer les données sensibles de vos patients. Pour preuve, un rapport de 2024 du Ponemon Institute a interrogé 648 professionnels IT et sécurité en charge de la cybersécurité dans des structure de santé. Il en ressort que 52 % de ces personnes se sont déclarées très préoccupées par les erreurs et les négligences des collaborateurs, et que 48 % ont dit craindre que les employés ne comprennent pas le caractère confidentiel et sensible des données envoyées par e-mail. Le rapport a également révélé les éléments suivants :

  • 31 % des incidents de perte ou d’exfiltration de données sont dus à la négligence d’un employé

  • 31 % des pertes de données sont dues au non-respect par les employés des règles en vigueur

  • 21 % des pertes de données résultent de l’envoi par des employés de données de santé ou à caractère personnel à un destinataire involontaire via un e-mail

  • 20 % des personnes interrogées ont déclaré que la perte de données était due à un abus d’accès privilégié

  • 13 % des pertes de données sont dues à des incidents d’ingénierie sociale

  • 12 % ont désigné le phishing comme cause de perte de données

Souvent dues à un manque de formation, des erreurs soulignent la nécessité de mettre en place des politiques DLP solides dans votre structure de santé. Parmi les participants à l’enquête Ponemon, 71 % ont déclaré prendre des mesures pour faire face aux risques associés aux employés, 59 % d’entre eux déclarant mener régulièrement des programmes de sensibilisation et de formation.

De la formation complète des employés à des politiques solides de protection des données, les stratégies de protection des données sensibilisent au caractère critique des données et de pratiques de traitement sécurisé, réduisant ainsi considérablement les pertes de données dues aux erreurs des employés dans le secteur de la santé. 

Les collaborateurs internes et externes mécontents sont une source de menaces
Les menaces internes représentent un risque important pour votre organisme de santé. Des acteurs malveillants au sein de l’organisation, tels que des employés ou des sous-traitants mécontents, peuvent intentionnellement divulguer ou vendre les données de vos patients à des fins de profit ou d’enrichissement personnel. Ces menaces sont plus difficiles à détecter, ce qui fait de la surveillance proactive et des contrôles d’accès des éléments essentiels des stratégies DLP. Mais pourquoi ces menaces sont-elles plus difficiles à détecter ?

Dans son rapport 2024 Insider Threat, Cybersecurity Insiders indique que les principaux moteurs et ressorts d’attaques internes sont les suivants :

  • 39 % proviennent d’un environnement informatique complexe, à mesure que de plus en plus d’employés accèdent aux réseaux et que la technologie devient de plus en plus complexe

  • 37 % sont imputables aux complexités d’un paysage technologique mondialisé, marqué par l’avènement de l’IA et de l’IoT

  • 33 % sont dues à des mesures de sécurité inadéquates, telles qu’une protection insuffisante des données et une absence de politiques cohérentes

  • 32 % résultent d’un manque de formation et de sensibilisation des employés

  • 31 % sont dus à une mise en application insuffisante des politiques

De la surveillance proactive aux contrôles d’accès basés sur les rôles, les stratégies DLP peuvent vous aider à atténuer les menaces internes en limitant l’accès aux données aux seuls personnels autorisés et en détectant rapidement les activités suspectes.

Les compromission externes représentent une préoccupation croissante
Les hackers ciblent de plus en plus les systèmes de santé pour voler des données sensibles. Ces cybercriminels exploitent les vulnérabilités de l’infrastructure digitale, telles que les logiciels non corrigés ou les mots de passe faibles, pour obtenir un accès non autorisé aux dossiers des patients. Du 1er janvier 2025 au 6 mai 2025, le portail « Wall of Shame » du HHS OCR a ainsi révélé des compromissions affectant un nombre de personnes allant de 500 à 5 556 702 pour différents types d’entités couvertes, la plus importante étant un système de santé basé dans le Connecticut.

Les stratégies DLP telles que les mises à jour de sécurité régulières et la détection avancée des menaces sont essentielles pour lutter contre ces attaques.

Vol et perte : des équipements en cavale
Le vol physique ou la perte d’appareils reste une menace persistante pour la sécurité des données. Des ordinateurs portables perdus ou volés, des clés USB non sécurisées ou des documents papier mal supprimés peuvent entraîner des failles importantes. 

Dans son rapport sur les compromissions de données du premier semestre  2024, le HIPAA Journal a relevé 13 incidents impliquant la perte ou le vol d’appareils contenant des données électroniques et des documents papier. Cela représente 85,7 % d’infractions supplémentaires par rapport au premier semestre 2023 et 62,5 % par rapport au deuxième semestre 2023. Les incidents signalés concernaient des ordinateurs portables non chiffrés et d’autres appareils électroniques portables.

L’implémentation du chiffrement, de protocoles d’élimination sécurisés et du traçage des appareils peut vous aider à atténuer les risques associés à la perte physique de données.

Principaux éléments d’une stratégie DLP dans le secteur de la santé

Les bonnes pratiques de prévention des pertes de données sont essentielles pour protéger les données sensibles des patients et garantir la conformité aux réglementations RGPD et HIPAA. Ces stratégies atténuent les risques liés aux erreurs des employés, aux cyberattaques, aux menaces internes et à la perte d’appareils, lesquels peuvent entraîner des amendes substantielles et nuire à la réputation de votre structure de santé. En implémentant des mesures de sécurité DLP robustes, vous pouvez renforcer la sécurité des données et maintenir la confiance des patients. Examinons les bonnes pratiques clés pour renforcer vos mesures DLP.

Des politiques et une formation complètes : établir des directives claires sur le traitement des données et la formation continue des personnels. Favorisez une culture de la sécurité dans votre structure de santé. Organisez régulièrement des sessions de formation sur le phishing, le partage sécurisé des données et la bonne utilisation des appareils afin de réduire les vulnérabilités. Créez des politiques clairement définies qui décrivent les protocoles de signalement des incidents et maintiennent la responsabilité à tous les niveaux de l’organisation.

Sauvegardes sécurisées dans le cloud : les hôpitaux et autres structures de santé utilisent des sauvegardes cloud sécurisées, robustes et chiffrées pour stocker des copies des données des patients hors site. Cela permet de s’assurer que toute perte de données n’entraîne pas la perte permanente de dossiers de patients critiques. Testez régulièrement les systèmes de sauvegarde pour vérifier l’intégrité et l’accessibilité des données lors des scénarios de restauration. Configurez des programmes de sauvegarde automatisés pour maintenir des copies à jour, minimisant ainsi les temps d’arrêt et les risques de perte de données.

Infrastructure de sauvegarde et de sécurisation des clés : protégez les systèmes critiques de traitement des données au moyen d’une infrastructure de sauvegarde et de clés sécurisées. Réduisez le risque d’immobilisation et d’interruption des opérations après une perte de données. Maintenez des systèmes redondants pour assurer un accès continu aux services essentiels en cas de panne. Contrôlez la sécurité de l’infrastructure de manière proactive afin de détecter et de corriger les vulnérabilités avant qu’elles ne soient exploitées.

Audits réguliers et évaluations des risques : identifiez les vulnérabilités des systèmes informatiques et des workflows. Adaptez les politiques et les technologies aux tendances de sécurité émergentes. Effectuez des audits réguliers pour garantir le respect de la loi HIPAA, du RGPD et d’autres réglementations en vigueur. Mettez à jour vos protocoles d’évaluation des risques afin d’y intégrer les enseignements tirés des récents incidents de cybersécurité.

Réponse à incident et reporting : établissez une procédure documentée pour enquêter sur les pertes de données, notifier les autorités compétentes et atténuer le préjudice. Formez régulièrement vos collaborateurs à une exécution rapide et efficace du plan de réponse à une compromission de données. Communiquez de manière transparente avec les patients concernés et les organismes de réglementation afin de vous conformer à vos obligations et de maintenir la confiance de tous.

En outre, le National Institute of Standards and Technology (NIST) du ministère américain du commerce propose un cadre de cybersécurité qui vous permettra d’en savoir plus sur la manière de gérer et de réduire les risques liés à la cybersécurité.

Implémentation d’un programme DLP dans une structure de santé

Un programme DLP solide est essentiel pour protéger les données sensibles des patients et garantir votre conformité réglementaire. Ce processus implique une approche structurée de l’identification, de la sécurisation et du contrôle des données dans tous les systèmes afin d’atténuer les risques. Examinons les phases à suivre pour mettre en place un programme DLP dans votre organisme de santé.

Phase 1 : découverte et classification – Mappez les emplacements des données sensibles dans les référentiels sur site et cloud. Identifiez tous vos types de données, y compris les identifiants des patients et les dossiers médicaux, afin de prioriser vos actions de protection. Classez vos données en fonction de leur sensibilité afin d’appliquer les contrôles de sécurité appropriés.

Phase 2 : définition des politiques – Définissez des règles pour le traitement des données, les exigences de chiffrement et la gestion des identités. Établissez des protocoles clairs pour l’accès de vos employés et le partage des données afin de vous conformer au RGPD et à la loi HIPAA. Mettez régulièrement à jour vos politiques pour tenir compte des nouvelles menaces et des changements réglementaires.

Phase 3 : déploiement et intégration – Intégrez les outils DLP aux workflows, aux systèmes DPI et aux solutions de sauvegarde déjà en place. Testez rigoureusement ces intégrations pour valider leur compatibilité et leur efficacité sur toutes les plateformes. Formez vos collaborateurs à l’utilisation de ces outils afin de maximiser l’adoption et de minimiser les perturbations.

Phase 4 : surveillance et optimisation continues – Prévoyez des revues et mises à jour régulières de vos paramètres DLP en fonction de l’évolution des menaces. Identifiez les indicateurs de compromission, activez les technologies de Threat Hunting et prenez d’autres mesures de sécurité préventives pour éviter la perte de données. Analysez les données de surveillance pour détecter rapidement les activités suspectes. Optimisez vos outils DLP en fonction des conclusions d’audits afin d’améliorer les performances et la sécurité

Activation de la prévention des pertes de données

Dans le domaine de la santé, une stratégie DLP solide permet de réduire considérablement les compromissions de données, de protéger les informations sensibles des patients et de garantir la conformité aux réglementations RGPD et HIPAA, ce qui favorise la confiance des patients et l’intégrité opérationnelle. En donnant la priorité à ces mesures, les organisations peuvent atténuer les risques et éviter des répercussions coûteuses.

Pour garder une longueur d’avance, les acteurs de la santé doivent régulièrement mettre à jour leurs politiques, investir dans la formation des personnels et intégrer des outils modernes de protection des données. Ces mesures proactives renforcent vos pratiques DLP et protègent les données des patients.

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